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Ce blog est le votre. Il existe simplement car ce qui se passe autour de nous ne peut nous laisser indifférents... Et si cela vous fait aussi réagir, écrivez le ! Surtout si vous n'êtes pas d'accord avec moi. Au moins ça permettra d'échanger nos points de vues. Et peut-être avec le temps nos différentes opinions pourront faire évoluer les choses dans ce beau pays qu'est le notre...

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Catégorie: Débats de société

Sarkozy, 2 ans de pouvoir et bilan binaire

Voilà 2 ans que le peuple français à mis au pouvoir notre hyper-président : Nicolas Sarkozy. Alors quel bilan peut-on tirer de ces 2 années passées à l'Elysée ?

Cher lecteur dans les lignes qui suivent, je ne vais pas faire un bilan de sa politique (d'autres journaux/sites s'en chargent) mais un bilan de mon ressenti de ces 2 dernières années.

HOMOSARKOZUS, nouvelle race de président

Liste des 374 propositions du candidat Sarkozy.
Suivi d'avancement et bilan de ces propositions.

Nous, les citoyens avons élus N. Sarkozy pour le meilleur et pour le pire pourrait-on dire après ces 2 années. C'est du tout ou rien, du 0 ou du 1,...

En effet selon le point de vue de l'observateur, soit ce bilan est largement positif par exemple pour la classe supérieure, soit il est largement négatif par exemple pour la classe ouvrière.

Président Blink Blink
Il n'y a aucun doute la dessus, notre président écrase tout le monde sur son passage (sûrement à cause de sa taille, il faut qu'il soit au-dessus de la masse). Il se conduit comme un people à la recherche des paparazzis. Il doit être partout de toutes les "fêtes" (G20, OTAN, à l'étranger,...), il faut qu'il soit sur la première page des magazines.

On le dit président hyper actif
Mais cette super présidence nuit gravement à son gouvernement qui est vidé de toute substance tant il fait tout, qu'il ne reste aux ministres qu'un rôle de pantins et de porte parole.
D'ailleurs quand un de ses ministres dit ou fait une bêtise, il envoie sur place un médiateur pour corriger le tir.

Je serais "Le président du pouvoir d'achat"
Oui on le voit tous les jours, après s'être grassement augmenté, notre président, jamais avare de son pouvoir d'achat passe ses vacances dans des hôtels de luxe aux frais de la princesse.
Mais notre pouvoir d'achat, celui de monsieur/madame tout le monde, lui, il est en berne... Entre chômage partiel et licenciement, c'est certain, il ne fait que baisser.
"Travailler plus pour gagner plus". Bon slogan de campagne présidentiel, et je dirais comme dans un certain journal qui a pour slogan mythique : "le choc des photos, le poids des mots", celui du : "le choc du discours, le poids de la réalité" en réponse à sa campagne.

Tout pour les riches
Vive la loi Tepa et son bouclier fiscal limitant les impôts à hauteur de 50% des revenus.
RSA : 6 mois pour trouver un financement de 1.5Milliards d'Euros sur un an. Dexia, 3 Milliards d'Euros trouvé en 24h pour sauver la banque de la faillite...
Comment pourrait-il en être autrement ? En effet Nicolas est copain avec de nombreux patrons du CAC40. Et il est humain de privilégier les amis. Donc les autres, le peuple, n'ont que leurs yeux pour pleurer...

Président colérique
"Casse toi pauv' con !"
Si tu n'es pas avec le président tu es forcément contre, d'où l'émergence de nouveaux fichiers de flicage de la population tel que Edvige, ou "Base Eleve" pour nos cherubins.

Sécurité
Sarkozy depuis qu'il a été ministre de l'intérieur, cultive le tout répressif. Ce sont près d'une vingtaine de lois renforçant la sécurité des biens et des personnes qui ont été voté depuis 2002. Avez-vous constaté une amélioration de la délinquance dans votre quotidien ? Non ! Moi non plus.
Dernièrement il veut, interdire les cagoules dans les manifestations et pourquoi pas les perruques de clowns… Et renforcer le déploiement de la vidéosurveillance, véritable facteur de lien social et tellement plus efficace que les travailleurs sociaux. On voit bien que des élections se profilent à l'horizon.

Sécurité Routière
Les radars sont : la pompe à fric du gouvernement, le jackpot à Euros. Il est vrai que les radars ont permi de diminuer le nombre de morts sur nos routes. Mais depuis le lancement du premier radar. L'objectif n'est plus de sécurisé les routes dangereuses, mais bien de maximiser la rentabilité de chaque radar.
De plus, nos chers gendarmes doivent désormais atteindre un quota d'infractions minimum chaque jour, d'où un certain excès de zèle dans certains cas pour trouver l'infraction.

55 réformes
"J'ai lancé avec le gouvernement 55 réformes". En effet, il y en a pleins et partout des réformes. En fait il y en a autant que de manifestations : les étudiants, EDF-GEF, les gardiens de prisons en sont les derniers exemples.
Certaines sont utiles et nécessaires mais d'autres comme la suppression du juge d'instruction... me fait peur pour l'avenir, car il était le garant de l'impartialité et de la non ingérence de l'état dans une affaire... (bilan des réformes : ici)

Conduite en temps de crise
Notre président subit la crise, il fait, comme ses homologues étrangers, beaucoup d'annonces censées rassurer l'opinion publique, mais aussi et surtout le monde de la finance. Mais en réalité, mis à part dans des sommets à l'étranger, étrangement, on ne l'entend plus...
Heureusement pour la France que nous avons des "amortisseurs" sociaux : Indemnisation du chômage, Smic, Sécurité Sociale, Allocations, ...
Grâce à ces amortisseurs, si cette crise ne perdurent pas trop, moins de 2 à 3 ans, nous nous en sortirons à peu près correctement et ce ne sera sûrement pas grâce à l'action du gouvernement qui est pratiquement inexistante sauf en ce qui concerne le secteur de la finance (une fois de plus).

Je sauverai Gandrange, je sauverai Caterpillar
Oui ! Quand on voit comment il a sauvé Gandrange (fermé le 31 mars 2009 au bout de 40 ans d’existence et 60 millions de tonnes d'acier produit), mieux vaut qu'il laisse les salariés de Caterpillar Grenoble/Echirolles gérer la situation... Avec Nicolas comme aide, c'est sûr, le salarié est un chômeur en devenir.

A l'international
Je regrette de ne pas avoir un chancelier tel que Angela, notre président manque de force (pour ne pas être impoli), il fait de grandes annonces pour dire qu'il n'ira pas aux JO de Pékin, si les droits de l'homme au Tibet ne sont pas respectés, mais il se couche devant les $ que représentent la Chine.
Par contre son dynamisme, fait qu'il est écouté et respecté à l'étranger. Ceci lui a permis de résoudre en parti le conflit Russo-Géogien.

Et enfin, people je suis, people je le reste
Après sa surmédiatisation, on le voit moins ces derniers temps, mais serait-ce grâce au coaching de Carla, qui connait bien le monde des médias et de comment bien gérer son image...

Conclusion
Pour la deuxième année consécutive, son bilan est largement négatif, mais heureusement que nous n'avons pas élu Ségolène Royal, car, quand je vois ce qu'elle fait et ce qu'elle dit, je ne regrette vraiment pas notre choix. Avec elle, c'est sûr, on serait vraiment dans la panade. Reste à savoir ce qu'aurait fait Bayrou, mais lui il cultive plutôt la discrétion.
En fait, le seul opposant actuel que l'on peut mettre en face de Nicolas Sarkozy est un certain facteur des PTT nommé Olivier Besancenot...

Permalien 06.05.09 14:54:26 , by admin Email , 1356 vues, Non catégorisé, Débats de société, People, 1 commentaire »Envoyer un trackaback »

l'emballage ne fait plus le poids "rond"

Les poids et volume d'une centaine de produits courants ne sont plus encadrés. Il vaudra mieux se référer au prix du kilo.

ouest-france

Mais qu'est-il passé par la tête de nos euro-députés ? C'est bien la question que l'on peut se poser. Car depuis ce samedi 11 avril, le poids/quantité d'une centaine de produits de consommation courante n'est plus fixé par la loi. Par exemple, la farine pourra être conditionnée en 980g au lieu de 1ko, la cannette de bière pourra contenir 31cl au lieu de 33cl, etc...

Faites gaffe aux arnaques !

Il est évident que c'est le lobby industriel de l'agro-alimentaire qui a fait pression pour que les euro-députés votent une telle directive aussi débile (directive 2007). Et qui va leur profiter pour dans un premier temps brouiller les cartes du consommateur, puis en modifiant radicalement les conditionnements, de (une fois de plus) maximiser les bénéfices.

Pour comparer, seul le prix au kilo/litre sera fiable désormais.

Objectif de la directive : garantir une concurrence pleine et entière pour les entreprises et une liberté de choix pour les consommateurs. Ceux-ci devront certainement s’habituer à comparer les prix au kilo ou au litre, et non plus à l’unité, s’ils veulent acheter le produit le moins cher. Pour éviter les dérives, et afin d’aider les plus vulnérables “tels que les personnes âgées ou handicapées”, la directive stipule que les “les indications de poids sur l’étiquetage devront être plus visibles”.

Cette directive va clairement à l'encontre de la précédente qui avait été édictée en 1975. Et un rappel récent qui préconisait la diminution de nombre de choix possible pour chaque type d'aliment...

C'est certain, avec cette nouvelle directive le nombre de choix va exploser selon le marketing mis en place par chaque marque et chaque marque aura ses propres standards de poids/quantité. On peut comparer ça aux offres de téléphonie mobile qui sont faits pour éviter toute comparaison...

Exigeons le prix au kilo/litre écrit en gros

Bref ! Nos euro-députés ont fait là du n'importe quoi et une fois de plus c'est le consommateur qui va trinquer.

Pour en savoir plus :
Livenet.fr : Consommateurs : attention aux arnaques
blog Dechiffrages : De l’emballage réglementé à la pochette surprise

Rejet d'HADOPI : coup de maître sur fond d'hémicyle vide

Incroyable, c’est seulement la quatrième fois sous la Ve République qu’un texte issu la Commission mixte paritaire (CMP) est repoussé de la sorte, le dernier cas remonte à 1983.

Hier le parlement a rejeté la loi contre le téléchargement illégal qui fait l'objet d'une vive polémique depuis plusieurs semaines. « On se croyait à l'abri d'un tel coup de théâtre », commentait hier Bernard Myet, président du directoire de la Sacem, déplorant ce nouveau retard dans l'adoption de la loi.

A main levée, par 21 voix contre 15, l'opposition PS-PCF-Verts, soutenue par Jean Dionis du Séjour (NC) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), a rejeté la version issue de la commission mixte paritaire (CMP) du texte « protection des droits sur Internet », adopté le matin même au Sénat.

Les dessous de l'affaire

Comment on a piégé Hadopi...

L'Assemblée nous réserve parfois des surprises plutôt savoureuses. Ainsi, ce jeudi 9 avril, elle vient, dans sa grande sagesse, de rejeter le projet de loi Création et Internet, créant une Haute Autorité de protection des droits sur Internet (HADOPI).

Ce projet de loi très controversé (et qui faisait beaucoup parler de lui sur... Internet) prévoyait notamment des sanctions contre le téléchargement pouvant aller jusqu'à la coupure de l'accès à Internet pour les internautes.

Alors que les sénateurs venaient juste de voter les conclusions de la commission mixte paritaire Sénat–Assemblée, qui durcissaient encore le caractère répressif du texte, l'Assemblée a rejeté le texte que 15 députés UMP seulement ont voté, en étant présents lors d'un vote à main levée à 13h10. A gauche, nous étions une petite vingtaine auxquels sont venus s'ajouter au moins un député du Nouveau Centre (allié de l'UMP), Jean Dionis du Séjour ainsi que Nicolas Dupont-Aignan, député non-inscrit (ex-UMP).

Après de nombreux échanges avec des citoyens et artistes de Loire-Atlantique, j'avais défendu durant ce débat avec ma collègue Martine Billard, qui était la principale intervenante des députés Verts sur ce texte, les droits des internautes et le renouvellement du principe de droits d'auteurs par la licence globale.

Alors que j'étais ce matin dans mon bureau ou en réunion à l'Assemblée pour préparer une proposition de loi que nous devons déposer la semaine prochaine, une collaboratrice de notre groupe m'a appelé pour me signaler que le vote allait bientôt intervenir sur ce texte et que, compte-tenu du rapport de force, il y avait une chance qu'il ne soit pas adopté.

Lorsque j'ai accouru à l'hémicycle, j'ai constaté que plusieurs députés socialistes restaient groupés derrière la porte de l'hémicycle ou plus exactement derrière le rideau qui sépare le sas d'entrée du bas de l'hémicycle. J'ai évidemment compris qu'il s'agissait d'attendre là, la fin de l'intervention de la ministre pour faire une entrée groupée. Ainsi le groupe UMP se croyant majoritaire, sur la foi du décompte des députés effectivement installés à leur siège, n'allait pas tenter d'ultimes manoeuvres de procédures pour retarder le vote et «rameuter» à leur tour des députés UMP dispersés dans leur bureau...

A notre grande surprise, cette petite précaution de dernière minute a marché. Comme quoi le vote d'un texte tient parfois à un rideau qui se lève ou se baisse au bon moment !

Plus sérieusement, le très faible nombre de députés UMP présents en séance au moment du vote montre que ce texte était loin de rassembler au sein du groupe majoritaire. J'avais d'ailleurs entendu ces derniers temps des collègues UMP dire dans les couloirs qu'ils ne voteraient pas ce texte. Habituellement, on prend ce genre de propos avec une certaine méfiance car à mesure que le moment du vote approche, la détermination à se distinguer a en général tendance à s'émousser...

Le gouvernement et le rapporteur UMP du projet de loi ont évidemment crié à la manoeuvre d'obstruction de l'opposition. Ils sont pourtant pris à leur propre piège qui consiste à refuser de plus en plus les votes dits "solennels", votes qui sont organisés à un jour et à une heure connus à l'avance pour que chacun puisse s'organiser et être effectivement présent ou donner sa procuration. Le gouvernement refuse cette procédure, pourtant la plus transparente (le vote est nominatif – on sait donc qui a voté quoi), au motif qu'elle retarde l'adoption des textes (de quelques jours seulement). Il y a surtout une raison moins avouable: les divisions de la majorité, lorsqu'il y en a, se voient directement après le vote à la lecture du relevé des votes.

Il ne reste plus qu'à espérer que le gouvernement et la majorité UMP saisissent cette occasion pour remettre à plat ce texte. Internautes, faites monter la pression auprès des députés UMP : ils ne sont pas obligés d'accepter un passage en force du gouvernement !

(source : liberation.fr)


Voilà un tour de force parfaitement orchestré par la gauche qui n'est pas près de se reproduire, à moins que ces messieurs/dames de la majorité préfèrent être ailleurs lors des votes qu'à l'assemblée nationale.

Par contre ce qui n'est pas normale, que ce soit pour Hadopi ou pour toute autre loi, c'est que l'hémicycle reste désespérément vide...
C'est à dire que la liberté du peuple, votre liberté, notre liberté ne tient qu'à quelques individus et dans ce cas là : à seulement 36 (pour un total de 577 députés).

Donc, je n'ai qu'une chose à dire à nos députés, c'est qu'il serait peut-être temps de prendre au sérieux leur fonction et la moindre des choses c'est être présent pour défendre les intérêts des concitoyens et pas seulement les leurs comme leurs salaires indécents au vu de leur présence ou leurs retraites exorbitantes ...

Pour en savoir plus :
Blog d'Urvoas : Rejet d'Hadopi : les leçons à tirer
EchosDuNet.fr : Hadopi - Quand les Députés se fichent des internautes
NetEco.com : Hadopi : la Sacem pleure, l'April rit

DOCUMENT - Le discours intégral de Royal à Dakar

Voici l'intégralité du discours prononcé par Ségolène Royal à Dakar, le lundi 6 avril 2009. L'ancienne candidate à la présidentielle demande notamment "pardon" aux Africains pour l'allocution de Nicolas Sarkozy faite dans cette même ville, le 26 juillet 2007. Le chef de l'État avait déclaré : "Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire", soulevant une vive polémique.

Merci, chers amis de votre hospitalité, dont je sais qu'en wolof, elle se dit teranga. Un mot magnifique qui exprime une valeur que, de longue date, les civilisations africaines exaltent.

Dans cette salle qui porte son nom, je pense bien sûr à l'oeuvre de Léopold Sedar Senghor, à ce qu'il voulut et fit pour son pays.

Je pense aussi, et votre université porte aujourd'hui son nom, à Cheikh Anta Diop.

Je pourrais vous dire que je suis une amie ancienne et fidèle du peuple sénégalais, mais je vous dirai beaucoup plus : je suis une fille de l'Afrique et une soeur des hommes et des femmes d'ici.

C'est sur votre terre que je suis née, à Ouakam. J'y ai vécu jusqu'à l'âge de deux ans. Je n'en ai pas beaucoup de souvenirs conscients. Mais tout s'est imprimé. Car on garde enfouis en soi les couleurs, les musiques, la chaleur, la lumière, les parfums engrangés dans les premiers jours de sa vie. De cette naissance, j'ai toujours ressenti un profond sentiment de fierté. C'est une force d'être une citoyenne du monde et d'avoir toujours le réflexe de regarder ce qui se passe loin de nos frontières et plus loin encore dans l'hémisphère sud.

Avant de me lancer dans la campagne présidentielle, je suis revenue au Sénégal. J'avais besoin de retrouver mes racines et de renouer avec mes origines. À cette occasion, j'ai rencontré une femme à Thiaroye, avec une centaine d'autres. Elles avaient perdu leurs fils, noyés alors qu'ils tentaient de gagner l'Europe. Nous nous sommes longuement serrées dans nos bras. Cette femme, submergée par le chagrin, a décidé, avec d'autres, de le dépasser en s'investissant pour les jeunes de son village.

Nous nous sommes revues longuement hier. Que de progrès dans leurs actions dont j'avais vu les balbutiements en 2006 : activité de pêche, artisanat, alphabétisation des femmes. Avec quel courage toutes ces mères ont dépassé leurs souffrances pour prendre en main leur vie, leur subsistance, et donner à leurs enfants des raisons d'espérer et de vivre dignement de leur travail dans leur pays.

Ces femmes symbolisent la force des êtres humains quand ils utilisent leurs souffrances pour créer l'espoir. Quand ils agissent localement pour apaiser le monde dans sa globalité.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que je parle de l'Afrique. À Villepinte, dans le discours d'ouverture de la campagne présidentielle, ce continent était au coeur de mes préoccupations ("De quoi souffre-t-elle l'Afrique ? D'une économie mondiale absolument débridée qui ne laisse aucune chance à des produits agricoles fragiles et incapables de rivaliser avec les politiques de pays bardés d'atouts financiers et technologiques !").

Elle était là aussi, l'Afrique, dans l'ouvrage coécrit avec Alain Touraine, Si la gauche veut des idées. J'y annonçais : "L'Afrique est notre avenir. Le développement de l'Afrique sera l'oeuvre des Africains", et dans Femme debout, écrit avec Françoise Degois.

Dans chacune de mes responsabilités, j'ai toujours pensé à l'Afrique. En 1992, ministre de l'Environnement, j'avais choisi le Mali comme pays partenaire d'actions communes environnementales. Devenue ministre de l'Enseignement scolaire, j'ai pris beaucoup de soin à intégrer le Sénégal dans des actions de développement commun de l'Éducation, comme la bibliothèque de Ouakam.

Je pourrais vous donner bien d'autres exemple de cette préoccupation au long cours et de ce lien indéfectible qui me ramène toujours vers l'Afrique tant est forte ma conviction que cette alliance entre le continent européen et le continent africain est une chance à saisir pour équilibrer un monde multipolaire qui doit construire la paix et la prospérité. C'est dire à quel point dans le contexte actuel de toutes les violences qui nous assaillent, crise économique brutale, dégâts environnementaux, désastres sanitaires, notre responsabilité est forte et notre capacité commune à oser les stratégies visionnaires qui nous donnent les clefs du monde d'après. L'Afrique, je ne l'ai jamais lâchée.

C'est une conviction très profonde. Ce n'est pas seulement une conviction d'ailleurs, c'est une raison d'agir. C'est pourquoi aujourd'hui, présidente d'une région française, j'ai choisi comme principale coopération décentralisée, une région du Sénégal, la région de Fatick. Et cette coopération est si efficace, si exemplaire (j'y reviendrai), qu'elle vient d'être retenue comme le premier modèle de référence de coopération décentralisée par le programme des Nations unies pour le développement.

Voilà, chers amis, la démonstration politique par la preuve qu'il y a un lien très étroit, pour l'avenir de l'humanité entre le local et le global, c'est-à-dire entre les actions concrètes de terrain qui bénéficient directement aux gens et les échelons financiers à l'échelle des États et des organisations internationales qui doivent les permettre.

Oui, il y aura un avenir pour l'humanité avec une Afrique forte, debout et respectée, partenaire d'une Europe forte, debout et respectée.

Oui, je veux devant vous porter une parole de respect, de fraternité et de justice, celle qu'aurait dû porter le G20 en associant davantage l'Afrique dans son ensemble. Au-delà des avancées positives qu'il faut saluer et qui viennent poser d'autres règles du jeu, pourquoi l'Afrique ne s'y trouve-t-elle pas ? Pourquoi avoir écarté un milliard d'habitants et un tiers des ressources naturelles de la planète ? Ce n'est ni juste ni efficace. Tout comme n'est ni juste ni efficace l'absence de ce continent au sein du Conseil de sécurité des Nations unies ou encore sa sous-représentation dans les conseils du FMI et de la Banque mondiale. L'Afrique doit enfin avoir toute sa place dans les instances internationales, car nous avons besoin d'elle, de sa vision, de ses talents, de sa faculté de don, de ses idées.

Chers amis, nous vivons une époque historique, avec une crise sans précédent, faite de drames, mais aussi d'opportunités. L'opportunité de nous en sortir en décidant des changements profonds et des valeurs nouvelles qui nous permettront d'inventer le monde d'après, un monde plus humain et plus juste.

L'aménagement à la marge du système actuel ne permettra pas la sortie de crise. Les peuples doivent exiger de leurs gouvernants et de leurs élites qui n'ont su ni anticiper ni guérir qu'ils changent de logique.

Partout, les peuples se révoltent. Il n'y aura pas de paix sans justice. Et il n'y aura pas de justice sans respect. La finance doit impérativement être mise au service de l'économie réelle et l'économie réelle au service des hommes et des femmes.

Une crise écologique sans précédent menace notre survie. Depuis 2000, le nombre de personnes touchées par des catastrophes naturelles a triplé. D'ici 2040, un milliard de personnes seront contraintes à se déplacer, victimes de la sécheresse, de l'appauvrissement des sols, de la hausse du niveau de la mer. La plupart seront originaires des pays en développement et du continent africain en particulier. Les forêts denses de ce continent sont menacées par la surexploitation des sols et par une agriculture intensive destinée non pas à nourrir les peuples, mais aux seules exportations. En 2025, 750 millions de personnes vivront dans des zones désertiques. Aujourd'hui déjà, seule la moitié de la population africaine a accès à l'eau potable.

Une crise financière et bancaire d'une ampleur inouïe provoque par ailleurs une crise économique et sociale mondiale. Cette crise, l'Afrique et les pays émergents n'en sont pas responsables et pourtant, ils en sont les premières victimes. Pour la première fois depuis 50 ans, le commerce mondial s'est contracté de près de 10 %. L'accès au financement pour des projets de développement a, lui aussi, été réduit de plusieurs milliards de dollars. L'Afrique, trop souvent oubliée de la mondialisation, est aussi l'oubliée des plans de relance. Les bâilleurs du Fonds monétaire international, et en particulier les Pays du Nord, devront impérativement consacrer le triplement des réserves décidées lors du G20 aux pays en développement, notamment à l'Afrique.

La boulimie financière, l'avidité de profit, la gloutonnerie d'argent ont conduit le monde au bord du précipice en inversant les valeurs, en prenant l'accessoire pour l'essentiel, en oubliant que le bonheur des êtres humains - éducation, santé, culture, alimentation, cadre de vie - doit impérativement passer avant tout le reste, oui je dis bien tout le reste.

En oubliant ce principe fondamental "par le peuple, pour le peuple" qui est d'ailleurs aussi le principe de gouvernement de la République du Sénégal, nous voici tous entraînés collectivement vers le gouffre si nous subissons. Mais nous sommes nombreux, à l'échelle planétaire, à avoir les moyens et la volonté de réagir et à refuser de subir.

Aujourd'hui plus que jamais, nous devons être à la hauteur du défi que le siècle nous pose. Les forces de vie doivent l'emporter sur les forces de l'argent.

Et d'abord, pour bâtir un monde commun, qui fait reculer la rupture intolérable qu'engendrent les inégalités dans la répartition des richesses. Selon l'ONU, 2 % de la population mondiale possède 50 % de la richesse mondiale quand la moitié de la population doit se contenter d'à peine 1 % de cette richesse. La malnutrition est responsable de plus de la moitié de la mortalité infantile. Deux tiers des séropositifs dans le monde se trouvent en Afrique. Rien qu'en 2007, un million de personnes sont mortes à cause de la pandémie. 40 millions d'enfants n'ont toujours pas accès à l'école et moins de la moitié des enfants en école primaire n'achèvent pas leur cursus alors même que, nous le savons tous, l'éducation est la condition absolue du développement.

Il existe un seuil de richesse, et un seuil de pauvreté, à partir desquels, ce qui est en cause, c'est l'unité même de l'espèce humaine.

Certes, des progrès existent. Mais dans les pays pauvres, on le sait, la misère a doublé en 10 ans. L'aggravation de la pauvreté s'est traduite par les émeutes de la faim.

Je le dis avec la plus grande solennité : cette situation n'est pas tenable. C'est terminé le temps où certains pensaient pouvoir s'en sortir en fermant les yeux sur le péril.

Il est urgent que nous définissions ensemble à l'échelle planétaire d'autres façons de faire, d'autres formes de solidarité, d'autres transferts de richesse.

Il est urgent que les pays du Nord tiennent enfin leurs promesses et respectent leurs engagements internationaux. En aucun cas, la crise ne doit donner prétexte à baisser l'aide au développement.

De quelle aide publique parle-t-on ? Aujourd'hui, elle se compose essentiellement des annulations de dettes et de prêts. La part des financements destinés à de nouveaux projets, elle, diminue. Ce qui a été donné d'un côté a été repris de l'autre.

Je veux pour mon pays, la France, et pour l'Europe le courage de ne pas se payer de mots. Et l'honnêteté de ne pas tromper ceux qu'on prétend aider. Le respect commence là.

Lorsque j'étais à Belém, j'ai entendu Lula dire qu'il en avait assez d'être convoqué dans les grandes capitales du Nord par de jeunes banquiers qui lui disent comment gérer son pays, alors qu'ils n'y ont jamais mis les pieds et savent à peine où il se situe.

Sous la plume d'Aminata Traoré, j'ai lu que les Maliens en avaient assez que ceux qui n'ont jamais vu une boule de coton leur disent ce qu'ils devraient en faire.

Dans les textes d'artistes comme Tiken Jah Fakoly ou le rappeur Didier Awadi, j'ai entendu la colère que provoque l'injustice. De nombreux universitaires et responsables politiques africains demandent que l'Europe tire la leçon d'accords de partenariats économiques qui ont échoué et qui sont perçus non comme une aide, mais comme un rapport de force.

L'aide au développement ne doit plus être une version moderne de la charité, condescendante, assénant ses certitudes depuis Washington, Bruxelles ou Paris. Elle doit être construite avec, et non pas pour. Mais des progrès ont été faits, il faut le dire, et je voudrais vous rappeler comment nous nous en sommes inspirés.

Deux principes ont guidé la coopération décentralisée menée entre la région de Fatick et la région Poitou-Charentes que je préside : ne jamais plaquer de solution toute faite mais chercher ensemble, en mutualisant nos expériences, les meilleures réponses ; appuyer les initiatives locales, fidèles à un esprit d'écoute qui conditionne le succès de tout programme.

Avec la région de Fatick, nous avons développé un programme de coopération qui comprend plusieurs volets : agricole, écoénergétique, écotouristique, économique, sanitaire et éducatif.

Notre coopération agricole a commencé à l'automne 2004. Nous avons déjà obtenu de très bons résultats en formation des éleveurs caprins, en amélioration des structures, en niveau de production, en respect de l'environnement.

Ces succès nous permettent aujourd'hui d'envisager de nouveaux partenariats, notamment avec Agronomes et Vétérinaires sans Frontières.

Nous avons développé l'énergie solaire pour l'accès à l'eau. Et nous pouvons maintenant, tout en économisant la consommation du bois, électrifier des chèvreries, des fromageries, des pompes à eau, des services publics, notamment des établissements scolaires et des unités sanitaires rurales. Je les visiterai demain et pendant trois jours avec les élus et les habitants de Fatick.

À terme, l'énergie solaire permettra d'électrifier les territoires isolés du réseau électrique conventionné, notamment les îles du Saloum.

Et grâce à ces réalisations, la région de Fatick a été retenue par le programme des Nations Unies pour le développement comme région-pilote pour la lutte contre le changement climatique.

Voilà comment, en agissant localement, on transforme globalement.

Pour favoriser le développement de l'écotourisme, nous avons lancé des projets-pilotes dans la zone du parc naturel du delta du Sine-Saloum et dans l'arrière-pays.

Bientôt, les habitants de ces régions pourront accueillir des visiteurs de tout le Sénégal, de toute l'Afrique de l'Ouest, et du monde entier, tout en respectant l'harmonie et les équilibres de la nature locale.

Voilà comment, en agissant localement, on transforme globalement.

Plus généralement, le Poitou-Charentes a soutenu la mise en place du microcrédit pour permettre aux éleveurs de financer les fourrages et les équipements dans les coopératives pour le lait.

La devise du microcrédit est la nôtre : agir localement, transformer globalement.

Ce programme dans son ensemble englobe de nombreux partenaires locaux et en particulier les Groupements de promotions féminines. Elles sont venues en Poitou-Charentes. Elles m'ont raconté leur histoire. Elles m'ont dit tous leurs efforts en tant que mères, en tant qu'épouses, pour colmater les brèches du quotidien. Elles m'ont dit les trésors d'ingéniosité, d'opiniâtreté, de créativité qu'elles déploient.

Nous nous sommes appuyés sur cette ingéniosité et sur cette créativité pour imaginer des programmes de développement pionniers : microcrédit, foyers de cuisson améliorée, utilisation de l'énergie solaire pour les séchoirs et pour les fours. Les potentiels des savoir-faire locaux ont été valorisés. Des forgerons, des potières ont été formés, des centres de production d'inserts en céramique ont été construits, des villages ont été accompagnés dans leur démarche écotouristique. Mais surtout, nous avons beaucoup appris nous-mêmes par les missions d'échange et nos agriculteurs et nos techniciens en énergie solaire ont beaucoup appris en venant ici. C'est dans cet échange de réciprocité que nous sommes plus efficaces ensemble.

La qualité du partenariat a été reconnue par le programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui a signé une lettre d'intention le 17 novembre 2008 avec les deux Régions.

Notre programme de coopération décentralisée va faire de Fatick la première région du Sud à devenir neutre en émission de gaz carbonique.

C'est à travers ce type d'action, conjuguée naturellement à l'action d'un État, que l'on peut changer les règles de la planète. Partout se mettent en place ces actions qui changent concrètement la vie des gens, créent de la ressource, développement des régions. Ces petites rivières font de grands fleuves.

La coopération décentralisée, bien sûr, ne remplace pas des coopérations à l'échelle des États et des continents. Mais on pourrait faire tellement plus si on n'avait ne serait-ce que quelques miettes des milliards perdus par les établissements bancaires.

L'aide au développement n'est pas un luxe de pays riche. C'est précisément parce que nous sommes tous confrontés, ensemble, au même moment, à la plus grave crise économique que nous devons agir ensemble. Car nul ne s'en sortira seul et encore moins contre les autres, mais les uns avec les autres.

Chers amis, vous le voyez, il existe des raisons profondes d'espérer. J'aime cette phrase de Martin Luther King : "Il n'y a que quand il fait suffisamment sombre que l'on peut voir les étoiles."

Une de ces lueurs est apparue récemment, aux États-Unis d'Amérique avec l'élection de Barack Obama. Au-delà du symbole de cet homme noir, jeune, qui accède à la première puissance du monde et redonne une fierté à tous les hommes et femmes de couleur et, plus largement, à ceux qui se sentent opprimés, au-delà de ce symbole créateur d'espoir, il y a la politique américaine qui change radicalement.

Son économie s'est effondrée comme une maison rongée par les termites depuis des années et qui s'écroule subitement. Une violence qui oblige l'Administration Obama à mener une révolution sur tous les fronts. Front intérieur avec la refonte du système financier, la loi sur les superbonus, l'investissement dans la croissance verte. Front extérieur avec un tournant dans les relations internationales, le dialogue. Cette stratégie de la main tendue portera ses fruits, j'en suis convaincue. Dialoguer même lorsqu'il n'y a plus de mots pour le faire. Construire des médiations là où le dialogue est rompu. Voilà ce que doit être la diplomatie du XXIe siècle.

Il y a ensuite le forum de Belém. L'altermondialisme n'a jamais autant mérité de porter son nom. Penser le monde différemment, faire le serment de dépasser tous les schémas, les lieux communs, les systèmes de pensée qui rapetissent, être créatif et réaliste à la fois. À Belém, comme à Washington, j'ai ressenti la même pulsation : celle de l'énergie vitale des peuples qui prennent les fausses vérités à contre-pied, se rassemblent, joyeux, sentant que le monde d'après se soulève.

Oui, je crois à la force citoyenne, la force du peuple qui se dresse, comme s'est dressé le peuple des outremers, autour d'un leader qui a porté la soif de justice et de respect : Élie Domota. Aucune atteinte à la dignité, aucune arrogance ne peuvent résister à la force de conviction et à la détermination d'un peuple qui a soif de respect et d'actions justes.

L'écoute, la démocratie participative, la médiation font leurs preuves partout où elles s'appliquent. Là où l'écoute est défaillante, là où l'exaspération et la violence surgissent.

Plusieurs révolutions soufflent sur le monde et notamment une révolution des couleurs. Nous sentons bien que nous sommes à un tournant. Mais nous ne savons pas quel en sera le sens.

Si bien que la question qui se pose à nous aujourd'hui, Sénégalais et Français, Africains et Européens, est celle-ci : Que faire naître ensemble ? Et comment le faire naître?

La réponse commune, nous la vivons ici dans cette salle, nous la vivrons encore à Fatick demain, avec tous les exemples de développement durable. C'est celle de la fraternité qui nous permet de bâtir ensemble des solutions respectueuses de la planète que nous partageons. Vous avez autant, si ce n'est plus, d'atouts que nous avec l'énergie solaire pour réussir la croissance verte. Alors, vous imaginez comment nous pouvons être efficaces en unissant nos efforts et nos volontés.

Chers amis, pour le meilleur et parfois, hélas, le pire, nos destins ont été liés. Ils sont liés.

Le pire : ce fut l'esclavage, cette "déportation la plus massive et la plus longue de l'histoire des hommes", comme l'a écrit Christiane Taubira dans l'exposé des motifs de notre loi de 2001 qui reconnaît ce "crime orphelin" pour ce qu'il fut : un crime contre l'humanité.

Le pire, ce fut la colonisation, dont une partie de la droite, dans un projet de loi, a essayé de nous faire croire, en 2005, qu'elle eut des "aspects positifs".

Voici ce que je disais en 2005 au ministre de l'Intérieur à ce sujet :

"La vive réaction de nos compatriotes des Antilles vous a permis de mesurer l'offense faite à la République par la loi adoptée par votre majorité, qui promeut une lecture révisionniste de la colonisation et heurte, dans l'Hexagone comme outre-mer, celles et ceux pour qui l'adhésion à la France ne peut s'inspirer que des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité, bafouées hier par le colonialisme et aujourd'hui par les discriminations.

L'honneur de la République, c'est la lucidité d'une histoire partagée dans une France accueillante à tous les siens."

Permettez-moi d'être très claire. Qu'il y ait eu, à cette époque, des hommes et des femmes sincères de bonne volonté, cela est sûr. Mais on n'a rien dit quand on n'a dit que cela. Le problème est que la colonisation fut un système. Ce système doit être condamné pour ce qu'il fut : une entreprise systématique d'assujettissement et de spoliation. Ses séquelles doivent être combattues sans fléchir.

Les colonisés n'avaient pas le choix. Le travail forcé et le code de l'indigénat étaient la règle. Et le mépris. Et le racisme. Et la violence d'un système qui fit les uns ployés sous le joug des autres.

Je veux rendre honneur à ceux qui, dans toute l'Afrique, se sont battus et sont morts dans un combat qui était le combat des Africains, oui, et de toute l'humanité.

Et je suis fière qu'il y ait eu en France des consciences pour s'insurger et des militants pour se porter aux côtés de ceux qui luttaient pour leur indépendance. Ceux-là défendaient nos valeurs quand la colonisation en était la négation.

Je crois que nous avons le devoir de poser les mots justes sur ce qui fut. Car les mots font plus que nommer : ils construisent la réalité et le regard qu'on porte sur elle. Nos plaies d'histoire ne sont pas toutes cicatrisées. Le devoir de mémoire n'a pas besoin de permission. Chacun s'en acquitte avec la subjectivité et l'héritage qui est le sien. Ce dont, en revanche, nous sommes collectivement comptables et responsables, c'est du droit à l'histoire et du devoir de vérité.

Ce droit à l'histoire et ce devoir de vérité, c'est ce qui permet de regarder les faits en face et de partager un récit qui ne soit pas ressassement du passé, mais moyen de le dépasser sans amnésie et de se projeter ensemble dans l'avenir.

Dans la dernière lettre qu'il a écrite à sa femme avant d'être assassiné, Patrice Lumumba a dit sa foi inébranlée dans l'établissement de la vérité historique : "L'Histoire dira un jour son mot. L'Afrique écrira sa propre histoire."

Honneur aux maîtres de la parole qui conservèrent et transmirent. Honneur aux historiens de l'Afrique qui ont rappelé au monde que non seulement l'Afrique était le berceau de l'humanité, mais qu'elle était, avec l'Asie mineure, le berceau de la civilisation humaine.

Honneur aux historiens de l'Afrique qui ont rappelé au monde l'existence des grands royaumes et des grands empires de l'Afrique. Honneur aux historiens de l'Afrique qui ont retracé les mille et une relations nouées bien avant la conquête, en des temps où le Sahara, la Méditerranée et l'océan Indien n'étaient pas des frontières, mais des points de passage et de mise en contact.

Quelqu'un est venu ici vous dire que "l'Homme africain n'est pas entré dans l'Histoire".

Pardon pour ces paroles humiliantes et qui n'auraient jamais dû être prononcées et qui n'engagent pas la France. Car vous aussi, vous avez fait l'histoire, vous l'avez faite bien avant la colonisation, vous l'avez faite pendant, et vous la faites depuis.

Et ce que Léopold Sedar Senghor et Aimé Césaire ont magistralement accompli avec le concept "négritude", vous l'avez poursuivi avec le mot "Afrique ", cet étendard d'une dignité reconquise.

C'est pour cela que les oeuvres des historiens Cheikh Anta Diop du Sénégal et de Joseph Ki-Zerbo du Burkina Faso constituent non seulement un sommet de la science, mais aussi un sommet de la lutte pour la liberté.

C'est pour cela qu'il était si important de démontrer comme ils l'ont fait que la Grèce ancienne devait tant à l'Égypte ancienne qui elle-même devait beaucoup à l'Afrique. Ils ont montré que les langues africaines permettent le même déploiement de la rationalité humaine que les langues européennes.

Il leur a souvent été reproché d'être partisans.

En insistant sur leur engagement indépendantiste et panafricain, on a voulu mettre en doute la rigueur scientifique de leurs recherches.

Mais aujourd'hui, chaque jour, les découvertes de l'égyptologie valident les thèses de Cheikh Anta Diop.

Une certaine histoire européenne de l'Afrique a voulu dénier aux Africains la fierté d'être Africains.

Et comme le pensait Lumumba, écrire c'est agir et agir c'est écrire.

Pour aujourd'hui, il est bon que se constituent autant que cela est possible des équipes mixtes de chercheurs africains et européens pour retracer le destin commun de l'Afrique et de l'Europe. Car c'est en élucidant ensemble les pages communes de nos histoires que nous pourrons écrire ensemble les pages communes de nos futurs.

Alors oui, il est temps que nous pratiquions davantage entre nous l'égalité vraie, loin des paternalismes, des misérabilismes, des ostracismes, loin des doubles langages qui masquent mal les doubles jeux.

Oui, la France doit honorer sa dette à l'égard de l'Afrique et que les Français doivent apprendre à l'école ce qu'ils ont reçu de l'Afrique.

Quand notre territoire national fut envahi, l'Afrique fut un refuge et une aide pour les forces de la France libre.

Les soldats africains ont contribué, sur tous les champs de bataille, à inverser le cours de l'histoire.

Le 8 mai 1945, sans l'Afrique et les Africains, jamais la France n'aurait retrouvé sa liberté.

Alors comment oublier la sanglante répression menée au camp de Thiaroye contre des tirailleurs qui réclamaient simplement le respect, leur dû et le droit de porter leurs galons car ils croyaient qu'à l'égalité du sang versé devait succéder l'égalité des droits. Ils avaient raison.

Il y a des mots que le peuple français doit au peuple sénégalais et à tous les peuples africains qui ont souffert pour nous et par nous, ce sont des mots simples mais puissants, trois mots que j'ai envie de dire ici en tant que citoyenne et élue de la République française :

Pardon. Merci pour le passé. Et s'il vous plaît, pour l'avenir, bâtissons ensemble.

Je veux que nous ayons la force de reconnaître enfin tout ce que nous vous devons et tout ce que nous pouvons ensemble.

Et c'est parce que j'aime la France, parce que je la crois suffisamment forte et généreuse, que je la veux capable de regarder son histoire en face. Je le veux capable d'assumer son devoir de vérité et son devoir de responsabilité.

Nous devons créer ensemble, à l'échelle de nos deux continents, une "commission Vérité du passé et avenir commun" qui aurait accès à toutes les archives civiles et militaires, qui accueillerait tous les témoignages et qui aurait pour mission de dire le vrai, de pacifier les mémoires et de récueillir tous les témoignages.

La France républicaine mérite aussi que cesse ce qu'on appelle - et on sait ce que cela veut dire - la Françafrique et l'opacité de décisions prises dans le secret de quelques bureaux.

Chers amis,

Nos pays doivent inventer une relation fondée sur le respect et l'intérêt mutuel. Je veux une France du respect, dénuée d'arrogance, ouverte, mais exigeante sur la défense des libertés démocratiques partout où il le faut.

Il faut en finir avec cette idée fausse selon laquelle la démocratie et les droits fondamentaux n'auraient qu'un seul berceau, l'Occident. Dans une conférence donnée récemment par Stéphane Hessel sur l'histoire de la Déclaration universelle des droits de l'homme dont il fut l'un des rédacteurs, il avait donné la parole à Suleiman Bachir Diagne. Ce dernier rappelait que dans la Charte du Mandé du XIIIe siècle, ce "serment des chasseurs" qui se voulait aussi adressé au monde, on trouve une définition toujours actuelle des droits de la personne humaine.

Je veux rendre hommage au Sénégal, au Mali, au Ghana, au Bénin, au Liberia, à tous les pays du continent qui ont su s'ouvrir aux transitions démocratiques. Surtout, je veux rendre hommage à tous ceux qui, jeunes et moins jeunes, fidèles aux idéaux qui guidaient leurs aînés au moment des indépendances, se battent pour faire vivre leurs droits à la liberté, à l'égalité et à fraternité.

Pour nous, Français, cela veut dire que nous ne pouvons ni soutenir les dictatures, ni jamais abandonner les démocrates. Le refus absolu de l'ingérence dans les affaires intérieures d'un pays souverain ne signifie pas que l'on s'abstienne de lui demander des comptes toutes les fois que cela est nécessaire. C'est cela le dialogue entre égaux.

Chers amis, la démocratie est un droit ; elle est aussi une chance. Je crois qu'elle est un facteur fondamental de développement économique et social. Partout où les citoyens prennent part aux décisions qui les concernent, les inégalités diminuent, et l'efficacité économique augmente.

Nous devons favoriser toutes les initiatives pour faire de l'Afrique le continent du XXIe siècle.

Mesdames et messieurs, la crise que nous traversons est mondiale, et c'est parce qu'elle touche tous les recoins de la planète, toutes les activités humaines, que nous allons la surmonter ensemble. Le temps est venu de la citoyenneté planétaire.

Croyons pour cela aux forces de la vie. Ayons la certitude que le temps est venu de ne plus perdre un seul instant, de se consacrer corps et âme à jeter des ponts et non plus dresser des murs. Croyons aux hommes et aux femmes de bonne volonté, croyons à leur sincérité, leur créativité, leur courage, leur bon sens, leur espoir, leur aspiration à la paix : civile, économique, sociale, écologique, et à l'épanouissement personnel. Croyons à la défense des valeurs humaines comme arme politique à part entière. C'est la décision de placer coûte que coûte le progrès de l'être humain au coeur de toute action. D'en faire l'axe permanent et non plus la variable d'ajustement.

Le rôle de l'Afrique dans cette profonde mutation est majeur. Parce que l'Afrique a subi plus que tout autre endroit du monde, souffert plus que tout autre continent, elle peut imposer l'être humain au coeur du système et devenir un phare pour le monde. Qui mieux qu'elle peut saisir l'impasse de la déshumanisation, elle qui a subi à travers les siècles cette déshumanisation. C'est dans le feu qu'on forge les plus belles lames, c'est dans les larmes que l'on peut aussi forger les plus grandes joies. Alors imaginons ensemble, agissons ensemble, réussissons ensemble le nouveau monde qui vient.

Faisons nôtre cette jolie phrase que j'ai entendue de la bouche des jeunes de Thiaroye : soyons solidaires comme les grains de l'épi de maïs, forts comme le baobab, courageux comme le lion.

Ségolène Royal

(Source : LePoint.fr)

+ 80 000 chômeurs en février. exemples : 3M, Continental

79 900 chômeurs de plus pour le seul mois de février 2009. Il y a officiellement en France 2 384 800 demandeurs d'emploi. Les nouvelles règles d'indemnisation entreront en vigueur le 1er avril.

nombre chomeurs

Pour le 10ème mois consécutifs, le nombre de demandeurs d'emploi augmente. Et il est prévu pour l'année 2009, la perte d'environ 400 000 postes de travail sur toute la France...

Et notre cher Nicolas qui pense comprendre la détresse de ces personnes qui souffrent, qui pense apporter des solutions, mais en fin de compte par son discours à 400 000 Euros de mardi à Saint-Quentin (Aisne) ne pense en réalité qu'a défendre sa politique économique face à la crise devant ses électeurs, promettant d'aller encore "plus loin", mais s'est refusé à proposer une loi interdisant les stock-options ou les parachutes dorés pour les dirigeants d'entreprise en difficulté ou une taxation des dividendes.

Le chef de l'Etat souhaite évaluer avec les partenaires sociaux "avant l'été" les mesures du gouvernement. "Au vu de la situation économique et sociale, nous réfléchirons, si cela est nécessaire, à d'autres mesures"... Des mots, toujours des mots...

Heureusement, le gouvernement a agréé mercredi la nouvelle convention d'indemnisation des chômeurs. Elle s'appliquera dès le 1er avril. Tout demandeur d'emploi pourra «toucher le chômage» s'il a cotisé 4 mois (et non plus 6) au cours des 28 derniers mois et ce pendant 2 ans (3ans pour les plus de 55 ans).

Le directeur de la société 3M à Pithiviers retenu dans son bureau

L'usine 3M de Pithiviers, spécialisée dans la chimie fine et la production de médicaments, emploie 235 salariés. Mais la direction a annoncé en décembre 2008 la suppression de 110 postes et le transfert de 40 autres dans une société qui doit s'implanter à Pithiviers courant 2009.

Le groupe 3M c'est aussi Scotch-Brite et Post It.

logo 3M

Résulats 2008 (source : Yahoo):
- Chiffre d'affaires : $25.27 Milliards (+3.3%)
- Bénéfice net : $3.46 Milliards (-18%)

Réduction d'effectif pour 2009 : environ 3500 postes dans le monde

3M a annoncé mercredi 11 février une augmentation de 2% à 51 cents l'action de son dividende de 1er trimestre, représentant la 51ème année consécutive de progression du dividende. soit au cours des cinq dernières années, 3M a versé plus de 17 milliards de dollars à ses actionnaires.

"En augmentant notre dividende en cette période, nous voulons clairement témoigner de notre confiance dans les fondamentaux de notre société et dans la capacité de 3M à continuer à proposer de solides rendements à ses actionnaires", explique George Buckley, le PDG du groupe américain.

"Dans le même temps, il est prudent dans cet environnement difficile d'adopter une approche conservatrice en matière d'augmentation du dividende, de façon à améliorer la trésorerie et à maintenir notre solide position de cash", explique-t-il.

Voilà une société ayant pleins de "Cash", faisant des bénéfices monstrueux, qui augmentent les actionnaires pour la 51 année consécutive et qui n'hésite pas à licencier 3500 salariés.
C'est écoeurant !...

Continental Clairoix en lutte depuis le 11 mars

Les employés de Continental sont en lutte depuis l'annonce, le 11 mars, par le fabricant de pneus allemand de la fermeture de leur usine d'ici 2010 .Cette décision affecte directement 1 120 salariés à Clairoix et concerne également le site allemand de Hanovre, qui compte 780 employés.

logo continental

Résultats 2008
(source : Rapport annuel 2008) :
Chiffre d'affaires : €24.24 Milliards (+45.8%)
Bénéfice Net : €-1.12 Milliards (-210%)
Dividendes versés : €367 Millions (+20%)

Le groupe ne distribuera pas de dividendes en 2009

Réduction d'effectif en 2008 : 12 500 salariés
Réduction d'effectif d'ici 2010 : 1 900 salariés

L'exemple de la "gouvernance" de Continental montre que si demain votre patron vous demande de travailler plus pour une rémunération moindre afin de maintenir votre emploi, vous saurez que votre poste est voué à disparaître à plus ou moins longue échéance... C'est ce qui est entre autre scandaleux dans la fermeture de cette usine.

Salaire mensuel moyen d'un ouvrier/employé
= 1820€ brut (1400€ net)

(source INSEE, "La France en bref 2009")

Calculez votre allocation chômage avec cette calculette.
Avec le salaire moyen ci avant, votre allocation chômage sera d'environ 1077€ brut (1020€ net) par mois. Soit une perte net de revenu de 400€ (-30%).

Depuis février 2008, ce sont 381000 chômeurs de plus, soit actuellement une charge supplémentaire de 410 Millions d'Euros pour la collectivité par mois. Et il est prévu de perdre pour l'année 2009 au moins autant d'emploi soit encore au minimum 250000 chômeurs qui vont venir grossir les rangs du premier employeur de France : l'ex "ANPE" renommé récemment "Pôle Emploi".

La charge de ces nouveaux "chercheurs" pour la collectivité sera alors de 680 Millions d'Euros par mois, soit : 8.15 Milliards d'Euros annuel et je ne compte pas le chômage partiel de centaines de milliers d'ouvriers. (Pour rappel : Le plan de relance de Sarkozy est de 26 Milliards d'Euros.)

Et n'oublions pas que ces centaines de milliers de nouveaux chômeurs vont drastiquement restreindre leur consommation, ce sera donc un manque à gagner, au minimum pour les entreprises, de 3 Milliards d'Euros sur l'année 2009. Et il faut rajouter à cela l'inquiétude des ménages pour le maintien de leur emploi, d'où une diminution de leur consommation. Ils préfèrent en ces temps troubles, faire la fourmi et non la cigale.

Pour ce seul mois de mars 2009, l'état doit débourser en allocation chômage la somme totale de 2.56 Milliards d'Euros (avec une allocation moyenne brute de 1077€ / demandeur d'emploi)

Alors, Monsieur le Président, s'il y a une chose à faire lors du prochain G20, c'est de convaincre l'ensemble des pays et les patrons des grands groupes mondiaux d'arrêter cette hémorragie de suppression de postes de travail... Car tout le monde y perd actuellement. Je ne comprends comment il se fait que les PDG et les actionnaires de ces grands groupes ne voient pas qu'ils sont en train de se tirer une balle dans le pied avec cette politique du maintien "artificiel" des marges et des profits par épuration de la masse salariale afin de toujours bénéficier d'une progression de leur rémunération globale pour 2009.

Alors que faire face, se serrer la ceinture pour les patrons et actionnaires, et au minimum conserver l'emploi, c'est tout le monde qui y gagnera. Car, seuls l'emploi et le retour de la confiance des ménages dans l'avenir permettra une sortie de crise rapide et en fin de comptes, les dividendes pour les actionnaires seront de nouveau au Rendez-vous rapidement.

Pour en savoir plus :
Europe1.fr : Près de 80.000 chômeurs supplémentaires en février
Liberation.fr : Les principaux points du discours de Sarkozy à Saint-Quentin
France-Info.com : Pas de négociation pour les 3M de Pithiviers, la multiplication des séquestrations
FranceBourse.com : Continental va fermer deux sites en Europe, dont Clairoix

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